Espace famille

Avant, pendant et après la réanimation

La réanimation est un moment difficile pour les proches. Étape par étape, voici ce qui peut vous aider à comprendre et à traverser cette période.

Avant la réanimation

Les situations qui amènent en réanimation sont variées. Votre proche y reçoit une prise en charge intensive et continue.

Les visites sont libres : le service peut vous accueillir à toute heure. À chaque visite, un soignant vous accueille et fait le lien entre vous et l’équipe qui s’occupe de votre proche. Le matin, les soins sont plus fréquents ; c’est aussi le moment où les médecins examinent les patients.

Les enfants peuvent rendre visite à leur parent hospitalisé. Il est préférable de préparer cette visite lors d’un entretien avec le médecin et l’infirmier(e), et de rencontrer la psychologue du service. Cette préparation est systématiquement proposée pour les enfants de moins de 12 ans. Nous y consacrons un espace dédié.

Pendant la réanimation

La réanimation consiste en une prise en charge intensive et constante. Les machines, les mots, les soins : tout peut être expliqué simplement. Les définitions ci-dessous s’ouvrent d’un simple appui.

Les aspirations trachéales

Ce geste consiste à aspirer dans la trachée les sécrétions bronchiques qui encombrent le patient traité par respiration artificielle.

Le cathéter

Petit tuyau en plastique placé dans une veine du cou, du bras ou de la jambe, qui permet d’apporter des liquides, des médicaments ou la nutrition.

Le choc septique

Le choc septique est une baisse de la tension artérielle liée à une infection grave. De ce fait, les organes comme les reins ou le cerveau sont moins irrigués et fonctionnent moins bien.

La dialyse

C’est l’épuration du sang à l’aide d’une machine appelée rein artificiel, afin de remplacer les reins quand ils ne fonctionnent plus correctement (insuffisance rénale).

Le drain

Tuyau en plastique qui permet l’évacuation de liquides, notamment après une intervention chirurgicale (par exemple un drain abdominal ou un drain pleural).

L'intubation

L’intubation consiste, alors que le patient est endormi, à introduire un tube appelé sonde d’intubation, par la bouche ou par le nez, jusque dans la trachée. Cette sonde est ensuite reliée à un respirateur, une machine qui insuffle dans les poumons de l’air enrichi en oxygène, permettant de remplacer ou d’aider la respiration quand elle est insuffisante. Le fait d’être intubé empêche de parler, la sonde passant entre les cordes vocales pour atteindre la trachée.

La ventilation non invasive (VNI)

Une assistance respiratoire réalisée non pas au moyen d’une sonde d’intubation, mais au moyen d’un masque appliqué sur le visage.

Le sevrage et l'extubation

Le sevrage de l’assistance respiratoire est l’arrêt de l’aide apportée par la machine. Il intervient quand le patient est réveillé, qu’il peut respirer seul et tousser efficacement. La sonde d’intubation est alors retirée : c’est l’extubation.

La mort cérébrale

État d’absence totale, définitive et irréversible d’activité cérébrale. Le patient est alors décédé.

La noradrénaline

Traitement administré par perfusion pour maintenir une tension artérielle correcte.

L'œdème

En réanimation, le patient a tendance à gonfler en raison d’un œdème des tissus. Ces œdèmes sont réversibles : ils s’éliminent progressivement lorsque le patient va mieux.

La saturation en oxygène

Taux d’oxygène dans le sang. Il est mesuré à l’aide d’un capteur placé au bout du doigt ou du lobe de l’oreille.

Le scope (moniteur)

C’est un ordinateur qui surveille en permanence le rythme cardiaque, la pression artérielle et le taux d’oxygène dans le sang, à l’aide de câbles reliés au patient. Il alerte les soignants par des alarmes lorsqu’il y a des anomalies.

La sédation

L’administration de médicaments qui assurent un sommeil plus ou moins profond, calment la douleur et l’anxiété, et facilitent l’assistance respiratoire.

Le sepsis

Une infection.

La seringue électrique

Appareil qui permet le contrôle précis de la vitesse d’administration des perfusions et des médicaments.

La sonde gastrique et la pompe d'alimentation

La sonde gastrique est un tuyau en plastique souple introduit par le nez. Elle permet soit d’aspirer les sécrétions gastriques, soit d’alimenter le patient. L’alimentation est alors délivrée sous forme liquide à l’aide d’une pompe.

La sonde urinaire

Tuyau souple introduit dans la vessie pour le recueil des urines.

Après la réanimation

La sortie du service, la suite du parcours de soin, et le retour progressif à la vie de tous les jours.

Après un séjour en réanimation, la rééducation peut être d’autant plus longue et difficile que le séjour a été long et invasif. C’est un parcours de soins qui peut faire appel à de multiples professions. Pour faciliter et coordonner ce parcours, nous proposons aux patients qui le souhaitent une consultation post-réanimation.

Le syndrome post-réanimation

Beaucoup de patients gardent des séquelles pendant des semaines ou des mois après leur sortie. Les médecins parlent de syndrome post-réanimation. Il peut associer, à des degrés très variables :

  • des troubles physiques : fatigue durable, faiblesse musculaire, essoufflement au moindre effort, perte de poids, difficultés à avaler ;
  • des troubles cognitifs : mémoire, attention, lenteur, difficulté à retrouver ses mots ou à reprendre son travail ;
  • des troubles psychologiques : anxiété, tristesse, troubles du sommeil, cauchemars, souvenirs confus ou effrayants du séjour, sursauts.

Ces difficultés sont fréquentes et connues. Elles ne sont ni un caprice, ni une faiblesse, ni le signe que la guérison a échoué. Elles se soignent, d’autant mieux qu’on en parle tôt.

Les proches aussi peuvent être touchés, longtemps après. Avoir veillé un parent, un conjoint ou un enfant en réanimation laisse des traces : épuisement, anxiété, sommeil difficile. Vous avez le droit de demander de l’aide pour vous-même.

Si vous reconnaissez l’un de ces signes, parlez-en à votre médecin traitant, ou lors de la consultation post-réanimation.

La consultation post-réanimation

Un séjour en réanimation peut laisser des répercussions, physiques comme psychologiques, bien après la sortie du service. C’est pourquoi une consultation post-réanimation est proposée à distance de l’hospitalisation.

Elle associe plusieurs professionnels : médecin, infirmier(e), psychologue, kinésithérapeute et diététicien(ne). Ensemble, ils évaluent avec vous les répercussions du séjour et vous proposent, si nécessaire, un parcours de soins adapté à la suite.

Cette consultation est proposée trois mois après la sortie du service de réanimation, pour faire le point sur votre santé et votre qualité de vie au quotidien. Elle se déroule le jeudi matin, au sein du CHD Vendée.

Vous pouvez emporter cette présentation avec vous : dépliant de la consultation post-réanimation (PDF).

Une question ? Nous sommes joignables

Si quelque chose reste flou, appelez le service : une soignante ou un soignant vous répondra. Vous pouvez aussi venir voir votre proche à tout moment, de jour comme de nuit.