Vos questions
Certaines questions reviennent souvent, et beaucoup n'osent pas les poser. Voici nos réponses, aussi honnêtes que possible. Chaque question s'ouvre d'un simple appui.
Sur votre proche
Est-ce qu'il m'entend ?
Nous ne pouvons pas vous le garantir, et personne ne le peut. Selon la profondeur de la sédation, la perception est très variable : certains patients gardent des souvenirs de voix ou de présences, d’autres non.
Parlez-lui quand même. Dites-lui qui vous êtes, où il est, quel jour on est. Prenez sa main. Ces mots ne sont jamais perdus, et ils vous font du bien à vous aussi.
Est-ce qu'il souffre ?
C’est notre préoccupation constante. La douleur est évaluée plusieurs fois par jour, y compris chez les patients endormis, à l’aide d’échelles adaptées, et les traitements sont ajustés en conséquence.
Si un geste vous semble le faire souffrir, ou si son visage vous inquiète, dites-le à l’infirmier(e). Vous le connaissez mieux que nous.
Pourquoi dort-il ?
Ce n’est pas un coma naturel : c’est le plus souvent un sommeil provoqué par des médicaments, la sédation. Elle permet de supporter la respiration artificielle et certains soins, et de soulager la douleur et l’anxiété.
La sédation est réévaluée tous les jours, et allégée dès que l’état de votre proche le permet. Le réveil est souvent progressif, avec des moments de confusion : c’est habituel, et cela s’estompe.
Pourquoi ses mains sont-elles attachées ?
Il arrive que nous devions maintenir les mains d’un patient, en général au moment du réveil. Un patient confus retire sa sonde d’intubation ou ses cathéters sans en avoir conscience, et le geste peut être grave.
Cette contention n’est jamais une punition ni une facilité. Elle est prescrite, réévaluée chaque jour, et retirée dès que possible. Demandez-nous de vous expliquer pourquoi elle est en place pour votre proche.
Se souviendra-t-il de tout cela ?
Rarement de façon complète. Beaucoup de patients gardent des souvenirs fragmentaires, parfois des rêves marquants ou des impressions confuses qu’ils ont du mal à démêler de la réalité.
C’est pourquoi il est utile, plus tard, de pouvoir lui raconter ce qui s’est passé : ce que vous notez ou retenez pendant le séjour peut l’aider à reconstruire cette période.
Sur la suite
Combien de temps cela va-t-il durer ?
Nous ne le savons pas, et nous ne vous donnerons pas de durée que nous ne pourrions pas tenir. Un séjour en réanimation peut durer quelques jours comme plusieurs semaines, et l’évolution n’est pas linéaire : il y a des jours meilleurs et des jours moins bons.
Ce que nous pouvons faire, c’est vous dire où nous en sommes, jour après jour.
Va-t-il s'en sortir ?
C’est la question que tout le monde veut poser. Nous y répondons toujours, mais rarement par oui ou par non.
Nous vous dirons ce que nous savons, ce que nous espérons, et ce qui nous inquiète. Si la situation devient très grave, nous vous le dirons clairement et sans détour : vous ne l’apprendrez pas par hasard ni au téléphone.
Que se passe-t-il quand il sortira de réanimation ?
La sortie de réanimation se fait vers l’unité de surveillance continue, ou vers un service d’hospitalisation classique, parfois dans un autre établissement.
Ce transfert est une bonne nouvelle : il signifie que la surveillance permanente n’est plus nécessaire. Il est aussi souvent vécu comme un arrachement, après des jours passés dans un service où l’on connaissait tout le monde. C’est normal, et c’est fréquent.
Va-t-il redevenir comme avant ?
Un séjour en réanimation laisse des traces, d’autant plus qu’il a été long : fatigue, faiblesse musculaire, troubles de la mémoire ou du sommeil. On parle de syndrome post-réanimation, et cela se soigne.
Nous l’expliquons en détail sur la page avant, pendant et après la réanimation, avec la consultation post-réanimation proposée à distance du séjour.
Sur vos visites et vous
Puis-je venir à n'importe quelle heure ?
Oui. Les visites sont libres, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sans rendez-vous et sans restriction de nombre. Voir horaires et visites.
Si des soins sont en cours à votre arrivée, il vous sera demandé de patienter quelques minutes en salle d’attente.
Puis-je appeler la nuit ?
Oui, de jour comme de nuit. Évitez seulement les transmissions entre les équipes, de 7 h à 7 h 30 et de 19 h 15 à 19 h 45.
Les numéros sont sur la page nous joindre.
Mes enfants peuvent-ils venir ?
Oui, et cela se prépare. La psychologue du service vous aide à évaluer ce que l’enfant sait, ce qu’il imagine, et ce qu’il souhaite. Tout est expliqué dans l’espace enfants, qui propose aussi une animation pour découvrir la réanimation avec des mots simples.
Dois-je rester tout le temps ?
Non. Vous n’avez rien à prouver, et votre proche est surveillé en permanence, même quand vous n’êtes pas là.
Rentrez dormir. Mangez. Voyez vos autres proches. Un séjour en réanimation peut être long : si vous vous épuisez la première semaine, vous ne serez plus disponible pour la suite, qui est souvent le moment où l’on a le plus besoin de vous.
Puis-je parler à quelqu'un, pour moi ?
Oui. Ce que vous traversez est éprouvant, et demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse.
L’équipe peut vous orienter vers la psychologue du service. Vous pouvez aussi en parler à votre médecin traitant.
Où puis-je dormir et manger sur place ?
Les possibilités d’hébergement à proximité et les informations pratiques sont réunies sur la page informations pratiques.
Une question qui n’est pas ici
Posez-la. Aucune question n’est bête, et il n’y a pas de question qu’on n’a pas le droit de poser. Adressez-vous au soignant qui s’occupe de votre proche, ou appelez le secrétariat au 02 51 44 62 12.
Une question ? Nous sommes joignables
Si quelque chose reste flou, appelez le service : une soignante ou un soignant vous répondra. Vous pouvez aussi venir voir votre proche à tout moment, de jour comme de nuit.